Trois semaines après le lancement de l’Opération Epic Fury - dans le cadre de laquelle les États-Unis et Israël poursuivent sans relâche leur campagne de frappes aériennes contre l’Iran et où l’hypothèse d’une invasion du territoire iranien est même évoquée - la journée d’hier a été marquée par un nouvel épisode indiquant une extension du conflit. D’après des médias américains, le régime iranien a mené l’une de ses actions les plus audacieuses contre des objectifs américains dans l’océan Indien, en tentant une attaque par missiles balistiques contre l’île de Diego Garcia.
Iran : tentative d’attaque par missiles balistiques contre Diego Garcia
L’attaque, confirmée hier par des sources américaines, a déclenché un niveau d’alerte maximal dans les médias et chez les analystes. Même si les deux missiles balistiques de portée intermédiaire tirés vers Diego Garcia n’ont pas atteint leur cible - l’un a dysfonctionné, tandis que l’autre a dû être intercepté par un missile antibalistique SM-3 lancé depuis un destroyer de l’US Navy -, ce recours à des vecteurs de ce type constitue un signal clair : malgré une campagne continue de bombardements, l’Iran conserve des capacités et semble en mesure de frapper des objectifs situés hors du Moyen-Orient.
Pourquoi Diego Garcia constitue un message stratégique
Le choix de Diego Garcia revêt une dimension de message adressé aux États-Unis et à leurs alliés, à la fois sur les plans géopolitique, militaire et stratégique. Cette île de l’océan Indien est l’un des principaux points de projection des forces armées américaines : elle sert de base au déploiement d’une partie de la flotte de bombardiers stratégiques de l’US Air Force, offrant une portée opérationnelle vers l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie.
À titre d’exemple, les installations présentes sur l’île comprennent des infrastructures dédiées au soutien, à l’entretien et à l’appui des bombardiers furtifs B-2 Spirit - les plus avancés actuellement en service au sein de l’US Air Force - ainsi que des moyens de ravitaillement en vol tels que le KC-135 Stratotanker.
Les missiles employés et la question de la portée
S’agissant des missiles balistiques utilisés par les forces armées de la République islamique d’Iran, plusieurs spéculations circulent : compte tenu de la distance séparant le territoire iranien de Diego Garcia - environ 4 000 kilomètres -, le missile balistique Khorramshahr-4, ou une variante dérivée au sein de la longue liste de développements du régime islamique, aurait pu être employé.
Jusqu’ici, l’Iran a surtout recouru à des drones et à divers types de missiles balistiques pour frapper des objectifs américains au Moyen-Orient, notamment des bases militaires, ainsi que les principales capitales des pays du Golfe persique et Israël, dans un rayon d’environ 1 000 kilomètres.
Un avertissement pour l’Europe de l’Est et l’Europe centrale
Enfin, la tentative de frapper Diego Garcia avec un Khorramshahr-4, ou avec un autre missile de plus grande portée, est perçue comme un signal d’alerte : si l’Iran dispose d’autres missiles balistiques de portée intermédiaire de cette catégorie, de grandes capitales d’Europe de l’Est et d’Europe centrale pourraient entrer dans le champ de possibles frappes de représailles iraniennes.
À ce jour, alors que plus de trois semaines se sont écoulées depuis le début des attaques, et malgré les déclarations du président Trump affirmant la destruction systématique des capacités militaires iraniennes, le régime tient bon, et aucun signe d’une tentative de changement de régime ni de soulèvements susceptibles de mettre le gouvernement en difficulté ne se dessine.
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