Un nouvel incident en mer est venu raviver les tensions en mer de Chine méridionale, après qu’une frégate de la Marine de l’Armée populaire de libération (PLAN) a effectué une manœuvre jugée dangereuse à l’encontre d’un navire philippin à proximité des contestées îles Spratleys.
Selon les informations communiquées par la Marine des Philippines et relayées par des sources de renseignement en sources ouvertes (OSINT), les faits se sont produits le 25 mars, lorsque le bâtiment de débarquement BRP Benguet (LS-507) a été intercepté par la frégate chinoise lance-missiles guidés Binzhou (532), de la classe Type 054A, dans les environs de l’île de Thitu, principale position philippine dans l’archipel. D’après le Commandement occidental des forces armées philippines, le navire chinois a réalisé une manœuvre qualifiée de « dangereuse et peu professionnelle », en s’approchant rapidement par bâbord et en contraignant l’équipage philippin à modifier sa route afin d’éviter une collision.
Cet épisode s’inscrit dans un contexte régional particulièrement sensible, où les Philippines conduisent régulièrement des missions logistiques destinées à ravitailler leurs positions les plus occidentales, dont plusieurs se trouvent dans des zones disputées avec la Chine. En l’occurrence, le BRP Benguet, bâtiment de débarquement d’origine américaine dont la conception remonte à la Seconde Guerre mondiale, effectuait l’une de ces missions habituelles de transport et d’appui, ce qui donne davantage de relief à l’incident puisqu’il implique une unité à vocation logistique.
Frégate chinoise Binzhou (532) en mer de Chine méridionale : une plateforme Type 054A
La frégate Binzhou (532) appartient à la classe Type 054A, l’un des principaux bâtiments d’escorte de la marine chinoise. Elle dispose de systèmes de défense antiaérienne, de capacités de lutte anti-sous-marine et de capteurs avancés, ce qui en fait une plateforme moderne adaptée aux opérations de contrôle maritime et de présence navale.
Cet événement vient s’ajouter à une série d’incidents récents entre les deux marines. Au début du mois de mars, il a été signalé qu’une unité chinoise avait utilisé son radar de conduite de tir contre une frégate philippine. Par ailleurs, ces dernières années ont été marquées par des actions de harcèlement répétées, incluant des blocages, l’emploi de canons à eau et même des collisions dans des zones contestées telles que Second Thomas Shoal et Scarborough Shoal.
Dans ce cadre, ce nouvel épisode près des îles Spratleys constitue un élément supplémentaire et illustre le niveau élevé de frictions en mer de Chine méridionale : la présence continue de moyens navals dans des espaces revendiqués par plusieurs acteurs entretient un risque permanent d’incidents susceptibles de dégénérer.
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