L’implication des États-Unis dans l’affrontement entre Israël et l’Iran a déclenché une nouvelle phase d’incertitude pour la politique et l’économie mondiales. Parmi les principaux motifs d’inquiétude figure le détroit d’Ormuz, passage par lequel transite environ 20 % du pétrole et du gaz naturel consommés dans le monde, et qui pourrait devenir le prochain point de rupture majeur du commerce énergétique international.
Le détroit d’Ormuz, qui relie le golfe Persique au golfe d’Oman, constitue le corridor le plus crucial au monde pour le transport de pétrole. Près d’1/5 du pétrole consommé à l’échelle mondiale (entre 18 et 21 millions de barils par jour) y circule, ce qui en fait un passage stratégique pour l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït et l’Irak - tous membres de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole).
Malgré les menaces de fermeture du détroit d’Ormuz, la réalité est plus complexe : par décret, les autorités iraniennes ne peuvent pas bloquer cette route, puisqu’il s’agit d’une voie internationale protégée par le droit international. En outre, l’Iran n’en contrôle pas l’intégralité : une partie des eaux territoriales relève également d’Oman.
Cela étant, même si la réponse de l’Iran à l’attaque américaine reste inconnue, le pays pourrait chercher à provoquer des « disrupções » dans le détroit, avec un effet direct sur les cours du pétrole. Ces actions pourraient prendre la forme de menaces de violence, d’interceptions de navires, ou d’autres mesures du même type.
Impact du détroit d’Ormuz sur le prix des carburants
Alors que plusieurs pays européens dépendent fortement du pétrole du Golfe - surtout depuis le début de la guerre en Ukraine - un éventuel blocage aurait des conséquences profondes. Selon l’économiste Filipe Grilo, cité sur Antena 1, une fermeture du détroit d’Ormuz pourrait rendre les voyages “pelo menos 30%” plus coûteux.
En début de semaine, le baril de brent, coté à Londres et référence du marché européen, s’établissait à 77 dollars, après avoir dépassé les 81 dollars. D’après les analystes, le prix de cette matière première pourrait franchir la barre des 100 dollars par baril.
Les répercussions seraient considérables, et la hausse des carburants n’en serait que la “ponta do icebergue”. Le renchérissement de l’énergie et du transport de marchandises exercerait une pression à la hausse sur l’inflation et pourrait faire basculer l’économie mondiale vers la stagnation.
Une augmentation généralisée du coût de l’énergie et de la logistique pèserait sur l’inflation et risquerait d’entraîner l’économie mondiale dans un nouveau cycle de stagnation. Même les pays moins dépendants de l’énergie du Golfe, comme le Portugal, en ressentiraient l’impact : une baisse des volumes de pétrole disponibles à l’échelle mondiale ferait grimper les prix partout.
Les effets se font déjà sentir. L’attaque américaine contre des installations nucléaires iraniennes a eu lieu le samedi 21 juin, mais, au Portugal, ce lundi, les prix des carburants ont augmenté de 6,5 centimes pour le gazole simple et de 2,4 centimes pour l’essence simple - sans aucune garantie que ces hausses s’arrêtent là.
Plusieurs pays ont d’ores et déjà appelé à éviter le scénario le plus grave. La Chine compterait parmi les États les plus exposés, puisqu’elle figure aussi parmi les plus gros acheteurs de pétrole brut iranien.
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