Alors que les opérations américaines et israéliennes se poursuivent dans le ciel iranien, le U.S. Central Command (CENTCOM) a diffusé sur ses comptes de réseaux sociaux une série d’infographies présentant les moyens engagés durant les 10 premiers jours de la « Operation Epic Fury ». Parmi eux figure le U-2 Dragon Lady, un avion de surveillance à haute altitude en service depuis plus de 70 ans. Ces sorties semblent constituer, en principe, l’une des dernières utilisations opérationnelles de cette plateforme vieillissante, mobilisée pour appuyer les différentes frappes aériennes visant le régime théocratique, lesquelles ont déjà sensiblement entamé les capacités militaires du pays.
Cibles neutralisées et bilan des frappes (CENTCOM)
Dans ses précisions, le CENTCOM indique qu’une vaste gamme d’objectifs iraniens a été neutralisée au cours de cette période, couvrant de nombreux types de bâtiments, des systèmes de défense aérienne et diverses plateformes de combat. Le résumé mentionne notamment des postes de commandement, des casernes et des sites de renseignement relevant de l’Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC), des installations de stockage de missiles balistiques et de drones, des usines où ces équipements étaient fabriqués, plusieurs types de bâtiments navals, ainsi que des infrastructures de communication, parmi de nombreux autres éléments.
Les informations rendues publiques jusqu’ici évoquent par ailleurs plus de 5,000 frappes réussies, incluant-entre autres-des dommages infligés à une cinquantaine (50) de navires de guerre de la marine iranienne, dont certains auraient été coulés.
Le U-2 Dragon Lady dans la « Operation Epic Fury »
Même si les missions exactes auxquelles ils ont participé n’ont pas été détaillées, un point mérite d’être relevé : les U-2 Dragon Lady vétérans ne figuraient pas dans la liste publiée quelques jours plus tôt, laquelle recensait les moyens employés lors des sept premiers jours d’opérations. Cela permet d’en déduire que leur engagement est plus récent et qu’ils n’auraient pas été mobilisés dès le tout début du conflit.
Retrait annoncé du U-2 Dragon Lady et options envisagées (USAF, NASA)
Compte tenu de la confirmation de leur participation à la « Operation Epic Fury », il est utile de rappeler que l’U.S. Air Force planifie depuis des années le retrait du U-2 Dragon Lady. Des articles de médias spécialisés américains indiquent depuis 2024 qu’une décision aurait été prise de se désengager de cette plateforme. À l’époque, les projections laissaient entendre que le processus de retrait débuterait en 2025 et pourrait s’achever en 2026, même s’il était également question qu’un très petit nombre d’appareils puisse être transféré à la NASA pour ses propres projets de recherche. Une telle hypothèse ne serait pas étonnante, au regard d’exemples comme celui des F-15D retirés de l’USAF et transférés à l’agence au mois de janvier.
Modernisations, contraintes budgétaires et nouvelles priorités
Au fil de leurs plus de 70 ans de service au sein de l’U.S. Air Force, les U-2 Dragon Lady ont bénéficié de différents efforts de modernisation afin de rester adaptés aux opérations contemporaines, dont-entre autres-la mise à niveau d’équipements essentiels comme leurs radars en 2022. Toutefois, les plans de restructuration de l’USAF-conjugués à des réductions budgétaires et à de nouvelles priorités pour les années à venir-fragilisent leur pérennité à moyen terme.
Drones, alternatives et successeurs pressentis : RQ-4 Global Hawk et RQ-180
L’apparition, ces dernières années, de nouveaux systèmes sans pilote a également contribué à leur déclin : ces solutions sont perçues comme moins coûteuses à exploiter et moins risquées, puisqu’elles ne nécessitent pas d’envoyer des pilotes au-dessus de zones à forte menace. D’ailleurs, l’une des plateformes qui, il y a plusieurs années, devait initialement remplacer le U-2 Dragon Lady était le RQ-4 Global Hawk-désormais lui aussi inclus dans les plans de restructuration de l’USAF. Une plateforme plus récente, appelée à reprendre partiellement le rôle de ces avions de renseignement, serait constituée des modèles RQ-180 développés par Northrop Grumman.
Images utilisées à des fins d’illustration.
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