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Les États-Unis pourraient louer des avions amphibies pour soutenir le déploiement de leur armée dans le Pacifique.

Hydravion gris atterrissant sur l'eau près d'une île tropicale avec deux passagers descendant d'une échelle.

À quelques semaines de la publication de l’un des projets de la Loi d’autorisation de défense nationale, plusieurs médias spécialisés américains ont mis en avant que le Pentagone peaufinait un programme pilote visant à permettre la location d’avions amphibies exploités par des contractants. Ces appareils seraient alors mobilisés pour soutenir le déploiement des forces armées des États-Unis dans le Pacifique. Désormais inscrit dans la loi, le dispositif laisse toutefois planer l’incertitude sur la plateforme qui serait retenue. La démarche semble, en creux, chercher à rapprocher les capacités logistiques américaines de celles du Japon et de la Chine, deux pays qui disposent déjà de ce type d’aéronefs dans leurs inventaires.

Programme pilote du Pentagone : des avions amphibies pour l’Indo-Pacifique

Dans le détail, le texte concerné confère au secrétaire à la Défense et au secrétaire à la Marine l’autorité nécessaire pour faire avancer un programme mettant des aéronefs amphibies à la disposition du Commandement Indo-Pacifique. Le commandant de ce dernier serait chargé de les déployer en fonction des besoins de ses unités. Il est également explicitement précisé que ce programme, tel qu’il est envisagé, s’étendrait sur trois ans à compter de la promulgation de la loi, sans que davantage d’éléments ne soient fournis sur le nombre d’appareils susceptibles d’être intégrés.

Cette part de secret semble constituer l’un des traits marquants de la décision : interrogés par des médias comme The War Zone, ni le Pentagone ni l’INDOPACOM n’ont apporté de précisions supplémentaires.

Un besoin ancien aux États-Unis, et un précédent abandonné en 2024

Faute de certitudes à ce stade, on peut rappeler que l’idée de se doter d’un avion amphibie circule depuis longtemps aux États-Unis. Elle a notamment pris la forme d’une tentative infructueuse de développer une variante du C-130 équipée de flotteurs, afin de combler ce manque et d’en doter le Commandement des opérations spéciales.

Ces plateformes sont perçues comme un atout majeur pour accéder à pratiquement n’importe quelle zone de l’Indo-Pacifique, en particulier pour des missions de transport logistique et de type SAR (recherche et sauvetage), susceptibles de devenir urgentes en cas de guerre. Après des promesses non tenues concernant un vol d’essai annoncé comme imminent, le programme a finalement été annulé en 2024, réduisant d’autant les perspectives de disposer d’une flotte nationale.

Chine (AG600) et Japon (ShinMaywa US-2) : des capacités déjà disponibles

Comme évoqué plus haut, le fait que la Chine et le Japon possèdent déjà de telles capacités n’a rien d’anodin : il s’agit de deux acteurs géopolitiques majeurs dans une région où les États-Unis entendent renforcer leur présence. S’agissant de la Chine, il convient de rappeler qu’AVIC a lancé en 2024 la production initiale du nouvel avion amphibie AG600, seulement deux ans après les premiers essais d’une variante destinée à la lutte contre les incendies de forêt. À l’époque, des informations faisaient également état d’une plateforme appelée à répondre à des besoins liés au ravitaillement d’îles éloignées, ainsi qu’à des missions de recherche et sauvetage.

Pour le Japon, allié proche de Washington dans la zone, on observe l’existence d’une petite flotte d’aéronefs de type ShinMaywa US-2. Comme dans le cas précédent, ces appareils visent à faciliter les déploiements dans le Pacifique, notamment parce que le territoire japonais comprend plusieurs îles éloignées de sa capitale et difficiles d’accès pour certains types d’avions en l’absence d’aérodromes adaptés ; à l’inverse, le déploiement d’un navire pour ce genre d’opérations requiert un délai nettement plus long.

Plateforme retenue : des interrogations et plusieurs pistes

Malgré l’intérêt évident que ces appareils représenteraient en Indo-Pacifique, le programme initié par le Pentagone suscite aussi des questions, notamment sur le type d’aéronef qui serait finalement sélectionné. Parmi les principaux candidats figure le ShinMaywa US-2 japonais, mais des critiques s’interrogent sur la disponibilité réelle de la plateforme et sur l’existence de quantités suffisantes pour répondre aux besoins américains, laissant ouverte l’hypothèse que le Japon doive en produire davantage.

D’après des analystes locaux, d’autres options pourraient être envisagées, comme les CL-415 Super Scooper utilisés pour la lutte anti-incendie, ainsi que des modèles Cessna Caravan, mais ces deux solutions sont généralement considérées comme des alternatives aux capacités plus limitées.

Images utilisées à titre illustratif

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