Des images récentes, largement relayées sur les réseaux sociaux et étudiées par des observateurs spécialisés, laissent penser que la Force aérienne de l’Armée populaire de libération (PLAAF) chinoise pourrait avoir entamé l’intégration du missile antinavire hypersonique YJ-21 sur ses chasseurs multirôles J-10C. Si cette information se confirmait, il s’agirait d’une étape supplémentaire dans l’élargissement du nombre de plateformes capables de mettre en œuvre ce système d’armes, jusqu’ici surtout aperçu sur des bombardiers et des bâtiments de surface.
Le YJ-21E et une possible intégration sur le J-10C
D’après l’analyse d’une photographie récemment publiée, un chasseur Chengdu J-10C a été observé emportant ce qui est identifié comme la variante YJ-21E du missile antinavire hypersonique YJ-21. Cette version est généralement considérée comme une déclinaison plus compacte du YJ-21/KD-21, conçue spécifiquement pour un emploi depuis des avions de chasse ainsi que depuis des plateformes non habitées.
L’analyste connu sous le nom de Hurin, qui suit de près l’actualité aérospatiale et militaire chinoise, a indiqué que l’engin observé correspondrait à une version réduite du YJ-21 déjà vue sous des bombardiers Xian H-6K de la PLAAF. Le même analyste a également diffusé des images d’une maquette d’exposition du YJ-21E présentée lors d’un salon de défense.
Sur l’image examinée, le J-10C emporte le missile sous l’aile gauche, tandis que sa configuration externe paraît autrement limitée à trois réservoirs de carburant externes. Aucun marquage d’unité ni numéro de série n’est visible, ce que certains attribuent à des mesures de sécurité opérationnelle (OPSEC).
Désignations et éléments de contexte sur le missile YJ-21 / KD-21
Le missile YJ-21 est associé à plusieurs appellations. Certains analystes, dont Andreas Rupprecht, l’identifient comme le KD-21, tandis que l’Armée populaire de libération l’aurait désigné en interne sous le code 2PZD-21. Cette nomenclature est apparue sur des exemplaires emportés par des H-6K au moins depuis 2022, au travers d’images non officielles.
L’appellation YJ-21 a été évoquée par des médias chinois affiliés à l’État, comme le Global Times, qui a attribué ce nom aux « médias étrangers ». Cette désignation a ensuite été confirmée officiellement lors du défilé militaire du 3 septembre, lorsque des maquettes du missile montées sur des véhicules terrestres ont été présentées avec le marquage YJ-21.
Emploi antérieur sur bombardiers, drones et bâtiments de surface
Le KD-21 a déjà été mentionné comme faisant partie de l’armement de drones de combat (UCAV) de la série CH, présentés en octobre 2024. Quelques mois plus tôt, en juillet de la même année, des images montraient un bombardier H-6K emportant quatre de ces missiles, peu après la diffusion d’images officielles montrant le système lors de tirs d’essai.
En mars 2024, un bombardier Xian H-6N a été observé avec le nouveau missile antinavire hypersonique YJ-21. Par la suite, en avril 2025, de nouveaux clichés ont montré un H-6K du 10e régiment de bombardement emportant deux missiles KD-21 pendant l’exercice « Strait Thunder-2025A », conduit par le Commandement du théâtre Est (ETC) à proximité de Taïwan. À cette période, plusieurs analystes estimaient que le système avait déjà atteint un statut opérationnel.
Par ailleurs, en août 2024, des sources de renseignement en sources ouvertes (OSINT) ont diffusé des images et des vidéos montrant le lancement d’un missile YJ-21 depuis un destroyer de type 055 de la Marine de l’Armée populaire de libération (PLAN). Le tir aurait été effectué depuis l’un des bâtiments de la classe Renhai, sans qu’il soit possible d’identifier de manière certaine le navire impliqué. Aucun communiqué officiel n’a été publié par le ministère chinois de la Défense.
Caractéristiques visibles et état d’avancement opérationnel
Les images du YJ-21E emporté par le J-10C montrent des bandes rouges et jaunes près de la pointe avant de l’arme. Selon des standards militaires internationaux, des bandes bleues indiquent généralement des munitions inertes ou d’entraînement, tandis que des bandes jaunes signalent une charge militaire réelle. Il n’est toutefois pas établi que la Chine applique strictement ces mêmes conventions de marquage, d’autant que d’autres exemplaires de KD-21 ont présenté des variations, voire l’absence totale de marquages.
Comme le missile n’est pas entièrement visible sur la photographie - notamment la section arrière et les gouvernes - les analystes soulignent qu’il reste impossible, à ce stade, d’évaluer précisément les différences dimensionnelles entre le YJ-21E et les variantes plus grandes utilisées par les bombardiers H-6.
Une nouvelle étape de diversification des plateformes pour le YJ-21E sur J-10C
Le J-10C est un chasseur multirôles comparable, dans sa catégorie, au F-16 américain, lui aussi capable d’employer des armes air-sol et antinavires de longue portée. Une intégration du YJ-21E sur cet appareil élargirait l’éventail des plateformes aériennes chinoises en mesure de tirer des missiles antinavires hypersoniques, en complément des bombardiers, des drones et des bâtiments de surface.
À ce jour, la PLAAF n’a publié aucune confirmation officielle concernant l’entrée en service du YJ-21E sur J-10C. Néanmoins, les éléments photographiques disponibles suggèrent qu’au minimum, des essais d’intégration seraient déjà en cours.
Images à titre d’illustration uniquement.
À lire aussi : un destroyer de type 055 de la marine chinoise a procédé au lancement du nouveau missile antinavire hypersonique YJ-20.
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