La Marine grecque, via un nouveau contrat d’acquisition de missiles antiaériens RAM Block 2A, va poursuivre la modernisation de ses dispositifs de défense en intégrant cette capacité à bord des vedettes rapides de la classe Roussen. L’opération, officialisée le 10 mars 2026 dans le cadre du Contrat n° 001B/25, a été conclue entre la Direction générale des investissements et de l’armement pour la défense du ministère grec de la Défense nationale et le consortium allemand RAM-SYSTEM (RAMSYS) GmbH. L’accord prévoit la fourniture de 52 missiles RIM-116D dans un délai de 18 mois à compter de son entrée en vigueur, conformément à l’autorisation accordée en amont par le Parlement hellénique.
La signature s’est déroulée à Athènes, à la résidence de l’ambassadeur d’Allemagne en Grèce, Andreas Kindl, en présence du général de division Ioannis Bouras, représentant la Direction générale des investissements et de l’armement pour la défense. Des représentants de RAMSYS ainsi que le vice-amiral Spyridon Lagaras de la Marine grecque ont également pris part à la cérémonie. Comme indiqué, l’acquisition comprend en outre 10 missiles supplémentaires afin de compléter les stocks stratégiques nationaux, ce qui rehausse le niveau de disponibilité des bâtiments de surface.
Le programme vise avant tout l’intégration des missiles RAM Block 2A sur les deux dernières vedettes rapides de la classe Roussen (Super Vita), la HS Karathanasis (P-78) et la HS Vlahakos (P-79), entrées en service entre 2020 et 2022. Ces unités disposent du lanceur Mk 49 Guided Missile Launching System (GMLS) à 21 cellules, conçu pour mettre en œuvre la famille RAM. La classe Roussen totalise sept navires, et les premiers exemplaires de la série utilisent des missiles Block 1A (RIM-116B), tandis que la variante Block 2A reste compatible avec les systèmes actuels, sans nécessiter de modifications structurelles.
Ces deux dernières unités ont été construites aux chantiers navals d’Elefsis dans le cadre d’un contrat signé en 2008 et embarquent des capacités renforcées, notamment le système de mesures de soutien électronique Thales Vigile 100 R et le radar de conduite de tir STIR 1.2 EO Mk2. Chaque bâtiment est aussi doté d’un canon Oto Melara de 76 mm, de huit missiles antinavires Exocet MM40 Block 3C et de deux canons de 30 mm, l’ensemble complétant le lanceur RAM au sein du dispositif de défense rapprochée. Le RAM Block 2A intègre un moteur-fusée à double impulsion, qui porte sa portée effective jusqu’à 15 kilomètres, ainsi qu’un actionneur de contrôle à quatre axes, destiné à accroître la manœuvrabilité face à des menaces à grande vitesse.
Développé conjointement par les États-Unis et l’Allemagne, le système RAM intègre un récepteur passif de radiofréquence amélioré, en mesure de repérer des émissions radar à faible probabilité d’interception. Conçu comme une arme de type « tire et oublie », le missile peut engager des missiles antinavires, des aéronefs, des hélicoptères, des véhicules aériens sans pilote et des menaces asymétriques, y compris dans des scénarios de saturation. Les itérations les plus récentes ajoutent une communication entre missiles au cours des salves, afin d’optimiser la consommation de munitions en évitant des attaques redondantes contre des objectifs déjà neutralisés.
Parallèlement, la Grèce prépare une procédure distincte afin d’acquérir des missiles RAM Block 2B destinés aux frégates de la classe Kimon (FDI HN), avec un besoin estimé d’au moins 84 missiles pour quatre bâtiments. La frégate de tête, la HS Kimon (F-601), est déjà en service avec un lanceur RAM à 21 cellules installé au-dessus du hangar hélicoptère, tandis que les trois autres navires doivent être livrés avant 2028. À l’issue de ces programmes, la Marine grecque mettra en œuvre onze lanceurs RAM répartis entre les vedettes rapides de la classe Roussen et les frégates de la classe Kimon.
L’introduction du RAM Block 2A s’inscrit dans une démarche de standardisation de la défense aérienne de courte portée au sein de la flotte grecque, consolidant l’architecture de défense en couches de la Marine. Le passage aux modèles Block 2 et Block 2B améliore l’interopérabilité entre les plateformes actuelles et futures, en alignant les capacités navales du pays sur les standards opérationnels de l’OTAN. Cette dynamique traduit une planification suivie visant à renforcer l’état de préparation, harmoniser les systèmes et conduire une modernisation progressive des moyens de défense aérienne navale.
Images à titre illustratif.
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